La passion est à double-tranchant

Ell est une force qui nous entraine.

Elle nous amène à nous impliquer dans une activité que nous choisissons et aimons.

Elle nous définit partiellement. Qui ne connait pas un “motard”, ou “pécheur”, une “tricoteuse” … une personne qui se caractérise par ses hobbys .. dévorants ?

C’est une des voies qui amène l’individu à fonctionner de manière optimale. Et à expérimenter le «flow».
Le «flow» est l’état mental que l’on atteint en étant complètement plongé dans ce qu’on fait, dans un état maximal de concentration. On est totalement engagé, on a un sentiment de réussite, de contrôle, on oublie le monde, le temps, les autres. On appelle aussi cet état quasi-second: «l’expérience optimale».

La passion est le moteur de l’action

Elle nous fait nous émouvoir et nous mouvoir. Bouger. C’est une puissante force de motivation.

Mais cette passion a un double visage ; elle peut être harmonieuse ou obsessive.

Elle est harmonieuse quand elle côtoie facilement les autres sphères de notre vie, tenant une place centrale mais non excessive.

Elle ne s’accompagne d’aucune contrainte ou pression, elle offre un engagement flexible, voulu, et donne des émotions positives.

La passion obsessive, à l’inverse, prend le contrôle de l’individu, empiète sur ses différents rôles sociaux et peut générer des émotions négatives (Culpabilité, frustration, état défensif)

Passion et émotions sont fortement liées.

 

Les émotions positives se manifestent pendant l’activité et se prolongent après.

Joie, puissance d’exister, vitalité, fierté, confiance, compétence, satisfaction …
La passion peut aussi être vécue à travers l’expérience d’autrui, comme par exemple un supporter sportif, dans la mesure où la personne à intériorisé son équipe comme composante de sa propre identité.

Cette passion par procuration se développe alors aussi selon les deux modalités de la passion harmonieuse ou obsessive.

La passion harmonieuse va de pair avec une augmentation des états positifs sur l’ensemble de la vie de la personne. Elle s’associe à d’autres indices de bien-être: satisfaction de vie, élan vital, contrôle du stress, et résilience.


Dans la pratique, on voit trois buts de travail se mettrent en œuvre : La performance (Atteindre une compétence normative), la maîtrise (Apprentissage et maîtrise de certaines tâches) et l’évitement (ne pas être vu comme incompétent en comparaison des autres).

L’égo est donc bien impliqué dans la pratique d’une passion, mais tant qu’elle reste harmonieuse, le fait de commettre une erreur n’est pas perçu comme une atteinte à l’identité.

A quoi «sert» la passion dans nos rapports aux autres ?

On sait que le fait de vivre des émotions positives, quel que soit le contexte, facilite l’ouverture d’esprit, la souplesse mentale et comportementale.

Ce contexte mène naturellement à avoir des relations de meilleure qualité, avec une attitude modérée.


En revanche, les émotions négatives, perçues dans la passion obsessive, génère une rigidification du comportement et des pensées, ainsi qu’une dégradation des relations, avec un positionnement radical.

Quelles sont les conditions pour expérimenter la passion à son maximum, pour atteindre le « flow » ?

  • Avoir des objectifs clairs, atteignables.
  • Une activité ni trop facile ni trop difficile, qui constitue un défi motivant, mais à portée de main.
  • L’activité elle même soit source de satisfaction.
  • Que la concentration soit totale, hyper-focalisée.
  • Qu’il y ait une perte du sentiment de conscience de soi, une identification du soi et de l’action. L’oubli du temps.
  • Une rétroaction et correction immédiate, donc une hyper-conscience de ce qui est fait dans l’instant.
  • Une sensation de contrôle de soi et de l’environnement.