Gérer ses émotions, une bonne idée, vraiment ? 

Si vous vous sentez mal en ce moment, si vous êtes en période de craquage, vous cherchez sans doute des moyens pour vous en sortir.
Pour reprendre le contrôle de votre vie.
Et trouver assez de dynamisme pour vous relancer.

Alors vous êtes forcément tombé sur ce genre d’injonctions:

« Gérez vos émotions … »
« Faites votre travail de deuil … »

Ce sont des phrases tellement lues et relues qu’on ne les interroge plus.
C’est rentré dans l’esprit collectif….
…. ça semble une évidence.

Comme toujours, il y a un peu de vrai là dedans, bien entendu.

C’est vrai que pour avancer vers un mieux être, il y a un effort à faire sur soi-même.
Une construction de soi.

Mais ces phrases rabâchées sont pernicieuses.

Car quel est le sous-entendu derrière ces phrases ?
…. et toutes celles que vous entendez au moment où vous vous sentez mal ?

INJONCTION.
NORME.

« vous DEVEZ faire ceci, vous DEVEZ faire cela.
La BONNE chose à faire c’est ça.
LES ÉMOTIONS LÉGITIMES, sont celles-là.
Le COMPORTEMENT APPROPRIÉ c’est celui-là.
Le RESSENTI CORRECT est celui-là.
FAITES UN EFFORT
C’est une question de VOLONTÉ »

J’en passe, et des pires …
On veut vous faire entendre raison et vous mettre « sur le bon chemin ».
Vous vous sentez mal, c’est déjà bien assez lourd !
C’est stupide et injuste de vous dire que vous avez tort de ressentir ce que vous ressentez !
Ou de faire ce que vous faites !

C’est un comble quand même !

Vous souffrez ET EN PLUS on veut vous faire croire que vous avez tort de souffrir !

C’est la double peine ? C’est ça ?

Vous souffrez, et les personnes « bien intentionnées » en rajoutent une louche …
… alors vous souffrez doublement, en vous sentant isolé, coupable, honteux, sans volonté …

Refusez d’être maltraité !

Et faites-vous tatouer ça sur le front :

Il n’y a PAS d’émotions illégitimes.
Il n’y a PAS d’émotions inappropriées.

 

Il y a des émotions.
Point.

Les émotions sont des réactions instinctives !

C’est stupide de coller dessus de notions de bien ou de mal. C’est un non-sens !

Les émotions sont là.
Elles sont votre vérité dans l’instant.
Personne n’a le droit d’émettre un jugement là dessus.

Je me répète (J’adore radoter) : l’émotion est une réaction phy-sio-lo-gique !
Elle n’est ni bonne ni mauvaise.
Elle est.
Point.
Personne ne peut avoir prise sur l’émotion primaire.

On ne peut pas abolir les émotions.
Ce n’est même pas souhaitable. Qui voudrait ressembler à un robot ?

En revanche, vous pouvez agir sur ce qui arrive juste après l’émotion.

Et même vous devriez agir.
En tout cas si vous souhaitez aller mieux.

Ce qui arrive après l’émotion, c’est la mise en route du mental.
la souffrance de la souffrance.
Et ça va très vite !
Quelques millièmes de secondes !

Observez-vous ! Rappelez-vous votre dernier craquage !

C’est pas vrai que votre mental s’est emballé ?

« Mais tu es nul ! Tu n’y arriveras jamais ! Tout le monde va bien, sauf toi »

etceteri etcetera … et préchi et précha …

C’est un scénario familier ?

Bien-sûr !

C’est universel.
Personne n’y échappe.

Sauf qu’il y a des moments dans la vie, où on n’arrive plus à sortir de cette souffrance de la souffrance.
Du bruit du petit moteur dans la tête.

Le mental devient incontrôlable.
On est envahi par la force de nos pensées récurrentes.
On ressasse.

Alors pour échapper à nos démons intérieurs, nous cherchons à nous distraire.

Et puis de temps en temps, comme nous en avons vraiment marre, nous faisons appel à notre volonté !
On serre les dents.
On se force.
On s’engueule …

Brrrrrr ! Pas ça malheureux !!

Foutez la paix à votre volonté !

L’appel à la volonté, c’est la maladie du siècle !

Aller bien, aller mieux, ce n’est pas une question de volonté !
C’est une question de stratégie !

Si une branche bloque le chemin de votre garage, vous faites appel à la volonté pour libérer le passage ?

Non, vous faites appel à la stratégie.

D’abord vous testez le poids de la chose.
Des fois que vos petits bras musclés seraient suffisants …

Si ça ne marche pas, vous allez chercher un objet pour faire levier et faire riper cette maudite branche.

Si ça ne marche toujours pas, vous faites appel à un voisin bienveillant qui va attacher la branche à son gros 4X4 et la tracter …..

Si ça ne marche toujours pas …

… ben moi je dirais: vous appelez un taxi, et vous buvez frais !!  🙂

Et le soir venu, cherchez une bonne âme parmi les voisins, muni d’une tronçonneuse 🙂

Vous voyez le topo ?

Alors faites-moi plaisir : arrêtez de vouloir apprivoiser vos émotions par la volonté.
Ça ne fonctionne pas.

On ne « gère » pas ses émotions.
C’est le langage du management qui a contaminé notre intériorité.
« Gérer ses émotions. Faire son travail de deuil »

Vous voulez mon avis ?

(ça tombe bien, je brûle de vous le donner 🙂 )

Bullshit !!

Quelles sont les erreurs à ne pas faire face aux émotions pénibles ?

Deux choses ne fonctionnent JAMAIS quand nous sommes face à des émotions difficiles :

– les affronter comme un taureau dans l’arène (à la volonté et au courage)
– les éviter comme un enfant perdu dans la forêt qui croit avoir entendu le souffle du loup

Là vous vous dites « Et qu’est ce qui marche alors ?? »

Simple en théorie (Car, oui, je suis d’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire)

Laissez passer vos émotions.

Elles n’ont pas plus de substance que les nuages dans le ciel.

Laissez-les passer.
Ne luttez pas
Ne vous cachez pas

Parce que ces deux attitudes les accentuent et les fait durer encore plus longtemps.

Laissez passer les émotions.
N’ajoutez pas de la souffrance à la souffrance.

Prenez conscience que vous êtes un ciel.
La nature du ciel, c’est le bleu.
Les nuages entrent dans le ciel, font leur parcours, puis disparaissent.
Derrière les nuages, la nature du ciel n’a pas changé. Il est toujours bleu.
Les nuages sont des phénomènes passagers.

 

C’est exactement la même chose pour les émotions.
Elle apparaissent, font une trajectoire et disparaissent.

Si vous n’intervenez pas avec votre mental, cela passera …..  naturellement.

Ne vous occupez pas de «gérer» vos émotions.
Laissez-les faire leur parcours et partir.

C’est votre changement de stratégie face à vos émotions qui permettra un changement dans votre bien-être.

Pas de la “gestion”, mais du lâcher-prise.